Une de mes clientes partait en voyage. Trois semaines, avec sa famille. Pis avant de partir, elle voulait lancer une nouvelle offre.
On se parle deux semaines avant le départ. Je lui demande où elle en est rendue. Elle me répond : « Y a rien qui est fait, mais tout est dans ma tête. »
Elle l’a dit avec un petit rire, comme on dit une affaire gênante. Il n’y avait rien de gênant là-dedans. Elle savait exactement ce qu’elle voulait vendre, à qui, à quel prix, dans quel ordre. Le plan existait au complet. Il existait juste à une seule place, pis cette place-là s’en allait en avion.
Fait que le vrai enjeu, ce matin-là, c’était qu’elle était la seule copie.
Ta tête fait une job incroyable, au début
Quand tu commences, gérer de mémoire, c’est franchement le plus efficace. T’as trois clientes, une offre, un calendrier que tu vois au complet les yeux fermés. Écrire tout ça quelque part te prendrait plus de temps que de le faire.
Pis ça marche. Je vois des entrepreneures rouler comme ça pendant des années, avec un cahier de notes pis leur mémoire, en livrant un service impeccable. C’est une vraie compétence, pis ce n’est pas donné à tout le monde.
Le problème, c’est que cette compétence-là est tellement efficace qu’on l’étire trop longtemps. On ne voit pas le moment où elle arrête de suffire, parce qu’elle n’arrête jamais d’un coup sec.
La limite arrive à peu près toujours à la même place
Ça n’a pas grand-chose à voir avec le nombre de clientes. J’ai vu des femmes avec quarante clientes qui dormaient très bien, pis des femmes avec huit clientes qui ne dormaient plus.
Ce qui change tout, c’est le nombre d’affaires ouvertes en même temps. Une affaire ouverte, c’est n’importe quoi qui attend quelque chose de toi pis qui n’est pas fini. Une personne qui t’a écrit pis à qui tu n’as pas encore répondu. Une facture pas envoyée. Une cliente qui finit son accompagnement dans trois semaines pis à qui tu devrais proposer la suite. La page de vente à moitié écrite.
Tant que t’en as cinq ou six, ta tête les tient sans forcer. Rendue à vingt, elle les tient encore, mais elle travaille en arrière-plan tout le temps. Elle roule pendant que tu es en séance, pendant le souper, pendant que tu regardes un film. Fait que ça finit par coûter cher, pis la facture n’arrive pas en argent, elle arrive en fatigue.
Trois affaires qui te disent que tu l’as dépassée
Il y a trois signes qui reviennent tout le temps dans mes appels, pis généralement les trois ensemble.
Tes suivis dépendent de ton énergie du jour. Les jours où t’es en forme, tu relances quatre personnes, tu envoies deux propositions. Les jours où t’es vidée, il ne se passe rien. Pas parce que t’as décidé de te reposer, mais parce que rien ne roule si tu ne le pousses pas toi-même. Ta business avance à la vitesse de tes bonnes journées.
Tu te réveilles à trois heures du matin. Pas à cause d’un problème. À cause d’une affaire ordinaire : la facture de madame Tremblay, le courriel à la fille qui a réservé la semaine passée. Ta tête fait sa sauvegarde pendant que tu dors, parce que c’est le seul moment tranquille qu’elle trouve. Elle garde tout en mémoire vive, pis à un moment donné ça déborde.
Tu ne peux pas t’absenter. Trois jours, ça passe encore. Une semaine, tu reviens dans un dégât. Deux semaines, tu n’oses même pas y penser. Pis quand tu pars pareil, tu travailles la moitié du voyage sur ton téléphone, ce qui n’est pas exactement ce qu’on appelle des vacances.
Aucun de ces trois signes-là ne dit que tu gères mal. Ils disent que ta business a grandi plus vite que ta façon de la gérer. Ça arrive à à peu près tout le monde qui réussit, pis ça arrive précisément parce que ça marche.
Par où on commence, sans tout revirer à l’envers
La réaction normale, quand on réalise ça, c’est de vouloir tout structurer d’un coup. Un grand ménage, une fin de semaine complète, tout est écrit, tout est automatisé. Je vois cette fin de semaine-là arriver souvent. Je vois rarement le lundi qui suit.
Ce qui fonctionne mieux, c’est plus plate pis plus petit.
Vide ta tête sur papier une fois. Une heure, un cahier, pis tu écris tout ce qui est ouvert. Tout. Les suivis, les idées, les affaires pas finies, les promesses que t’as faites à des gens. La première fois, ça fait souvent trois pages, pis c’est un choc. C’est aussi la première fois que tu vois la vraie taille de ce que tu portes.
Regarde ce qui revient. Dans ta liste, il y a des affaires uniques pis des affaires qui reviennent chaque semaine. Les répétitives, c’est là que tout se joue. Mettons que chaque nouvelle personne intéressée reçoit de toi le même courriel de tarifs, écrit à la main, à chaque fois. Ça, ça peut sortir de ta tête.
Sors une seule séquence au complet. Prends celle qui revient le plus souvent, pis écris-la au long, comme une recette. Quelqu’un demande tes tarifs : voici le courriel qui part, voici le lien pour réserver, voici le rappel au jour quatre. Une fois que c’est écrit, ça peut être automatisé, délégué, ou juste exécuté sans réfléchir les jours où t’es vidée.
Pis après, tu arrêtes. Le reste peut attendre. Une séquence sortie de ta tête chaque mois, au bout d’un an t’as une business qui roule sans toi. Douze séquences sorties la même fin de semaine, au bout d’un an t’as un document que t’as jamais rouvert.
Là où ça arrête
Il faut que je le dise, parce qu’on te promet souvent la liberté totale.
Structurer, ça prend du temps avant d’en donner. Les premières semaines, tu fais ta job normale en plus d’écrire comment tu la fais. C’est inconfortable, pis c’est normal.
Ça ne décidera pas non plus ce que tu vends. Si tes offres sont floues dans ta tête, elles vont être floues dans ton système, pis ça, ça se règle avant.
Pis ça n’enlève pas le poids d’être responsable de sa business. Ça enlève le poids de tout retenir. C’est déjà énorme, mais c’est différent.
Des fois, c’est trop tôt
Je ne pousserai pas ça à tout le monde.
Si tu changes d’offre aux six semaines parce que tu cherches encore ton affaire, attends. Structurer quelque chose qui va changer le mois prochain, c’est du temps jeté. Si tu es en plein lancement la semaine prochaine, ce n’est pas le moment de défaire ta façon de travailler. Pis si ta tête suffit encore, qu’elle ne te réveille pas la nuit, qu’elle te laisse partir en fin de semaine, dans le fond, elle fait la job. Garde-la.
Les questions qu’on me pose tout le temps
Est-ce que ça veut dire que je suis désorganisée?
Non, pis c’est presque toujours le contraire. Pour tenir vingt affaires ouvertes de mémoire, ça prend une tête solide pis un vrai sens de l’organisation. Ce que tu fais dans ta tête, c’est exactement ce qu’un système ferait. Tu le fais juste sans sauvegarde, pis sans possibilité de prendre congé.
Par quoi je commence si je n’ai vraiment pas de temps?
Par la séquence qui revient le plus souvent chez toi. Bien souvent, c’est ce qui se passe entre le moment où quelqu’un te contacte pis le moment où elle réserve. Écris-la une fois, comme du monde. C’est le morceau qui te redonne du temps le plus vite.
Je préfère faire mes suivis à la main, est-ce que je suis obligée d’automatiser?
Pas du tout. Sortir une affaire de ta tête, ça ne veut pas dire la confier à une machine. Une liste que tu ouvres chaque lundi matin, c’est déjà sorti de ta tête. L’automatisation vient quand la même affaire revient assez souvent pour que l’écrire à la main devienne un gaspillage. Bien des entrepreneures s’arrêtent là pis se portent très bien.
Si tu veux que quelqu’un avance ça avec toi
Le bout difficile, ce n’est jamais de savoir quoi faire. Tu le sais déjà, c’est dans ta tête. Le bout difficile, c’est de trouver les heures pour le sortir pendant que tu continues de servir tes clientes.
Fait que c’est exactement pour ça que j’ai monté Big Bang, ma banque d’heures. Tu m’achètes un bloc de temps, on l’utilise sur ce qui bloque vraiment chez toi. On peut écrire tes séquences, monter ton système, régler les affaires qui traînent depuis six mois. C’est 15 h à 1950 $ ou 25 h à 3200 $, payable jusqu’à 6 mois.
Pis on ne travaille pas en boîte noire. Je t’explique ce qu’on monte pendant qu’on le monte, parce que le but, c’est que tu puisses y toucher après, pis partir en voyage sans emporter ta business dans ta tête.
Par Marrie-Eve